Retour à Baïgorri pour Ramuntcho et moi 1 an après le 2x45km où j’étais reparti seul le 2ème jour.
Après le 40km du trail des Citadelles du 8 avril, je n’ai pas fait de sortie longue et encore moins de week-end
choc. J’ai été très occupé par le boulot puis la préparation du Trail du Barétous du 29 avril. Le seul gros bloc d’entraînement date du 5 et 6 mai avec 2 belles sorties mais loin des 2x50km
prévus ! Pour Ramuntcho, c’est pareil ! L’objectif est de finir à deux cette fois-ci, on verra le classement après. Mais je suis optimiste, je sens que ça va le faire !
La météo est annoncée encore très maussade, hélas, pour les magnifiques paysages traversés mais c’est mieux pour
courir ! On hésite le soir dans la préparation des vêtements et du sac.
samedi 18mai : Bus à 6h à Baïgorri direction Urepel puis retrouvailles avec pas de têtes connues.
![SAM 1019 [800x600]](http://img.over-blog.com/500x375/4/03/88/39/euskal-trail-2012/SAM_1019--800x600-.JPG)
Puis c’est le départ avec un peu de route et de chemin pour s’échauffer et assez vite les premières pentes vers
Astakarri dans le brouillard.
des brebis dans l'enclos de traite
Ramun est à l’aise, moi moins…mais je gère en récupérant dans les zones de « plat » notamment sur des
pistes où on peut allonger la foulée. Deux duos nous doublent à vitesse soit « podiumisable » soit « future explosion »…Ils ne feront pas podium et on les a revus assez
vite !
Le brouillard n’est pas humide et le terrain est le plus souvent sec.
Par de magnifiques sentiers tracés dans l’herbe rase, de crêtes dégagées ou de forêts de hêtres, à flanc de
sommets et de cols en cols, nous parcourons la superbe crête frontière le plus souvent côté espagnol.
http://www.vallee-aldudes.com/histoire-de-la-vallee/
On croirait que la pelouse est tondue régulièrement ! On court à bon rythme avec d’autres équipes.
Lors d’un passage sur un pierrier, je pose le pied sur une dalle inclinée humide et me voilà parti en vol plané en
contrebas. J’essaie d’éviter les blocs dans ma chute et me relève assez vite (« j’ai un peu la honte !) Peu à peu, je sens une douleur dans le mollet droit mais cela n’ira pas en
s’empirant et le kiné, l’après-midi, fera du bon boulot pour soigner cela.
Le long de la clôture frontière, on passe devant des cromlechs (tumulus cromlechs de Zaho) datant d’entre 1000 et
500 ans avant JC.
photo de Jacques Blot il y a quelques années
Mon côté enseignant me fait expliquer à Ramuntcho ce que c’est et lui indique qu’il y avait déjà des trailers dans
le coin il y a déjà bien longtemps !
plus d’infos, voir http://jacquesblot.over-blog.com/article-34695078.html/
Les cols et les sommets s’enchaînent. L’an dernier, à Ichtauz, la vue était splendide, cette année, c’est
brouillard !
Après ce ravito, grosse montée droit dans la pente
La dernière grosse montée arrive avec le sommet d’Autza, plus haut sommet de la vallée. Ramuntcho est toujours bien
et me lâche dans la montée finale dans le pierrier raide, je subis et ai du mal à finir. On a quand même rattrapé une équipe avec un coureur cuit et recuit.
sommet de l'Autza
La descente qui s’ensuit est pentue même dans la forêt où entre racines, rochers et clôture en barbelé traînant
quelquefois au sol, il faut être souple et vigilant. L’arrivée au col d’ Elhorrieta annonce une partie plus roulante puis plus cassante dans la forêt de Nekaitz. Les premières crampes dans
l’intérieur des cuisses arrivent et m’obligent à m’arrêter.
arrivée au col d'Ispéguy
Après le col d’Ispéguy, c’est la même traversée que l’an dernier sur un sentier étroit et souvent technique. On le
quitte au niveau du col d’Aintziaga. On mange à nouveau un gros plat de racines et de pierres sur un petit sentier horizontal dans la forêt. Le hêtre, arbre emblématique de cette vallée et
des montagnes basques en général, a des formes souvent remarquables. Son seul inconvénient mais il est de taille pour le trailer, c’est son enracinement superficiel et c’est un beau piège à
entorse ou crampes ! enfin, c’est la redescente par une longue piste plutôt ennuyeuse pour finir par une partie de yoyo (je monte, je descends…) sur petite route et chemins. Sur cette fin,
on se fait doubler par une équipe mais on en double une aussi (1 partout, balle au centre). A l’arrivée, après 6h28 de course, on apprend qu’on est 13ème.
Passage sur les tables des kinés, discussions entre coureurs puis repas de pâtes à 17h au gîte et à nouveau repas à
19h30 à la salle Plaza choko où un buffet pantagruélique est servi. On partage le repas avec Julien Jorro et Bruno Bareilles, larges vainqueurs de la 1ère étape. Ils nous disent
qu’après avoir creuser l’écart, ils ont gérer leur course. ..Ils ont juste mis une demi-heure aux 2èmes et à nous 1h 10mn !
samedi 19 mai 7 h du matin : Contrairement à qu’on aurait pu croire, le départ se fait à bonne allure pour ne
pas se retrouver coincé dans les premiers sentiers. Les cuisses sont un peu dures et douloureuses mais le reste va bien, pour Ramuntcho aussi. A part si l’un de nous deux se blesse, on arrivera
au bout !
Il fait presque beau, seuls quelques nuages enveloppent les crêtes et les sommets dont l’Adi.
![SAM 1030 [800x600]](http://img.over-blog.com/500x375/4/03/88/39/euskal-trail-2012/SAM_1030--800x600-.JPG)
On monte bien puis après une petite descente pour arriver à un grand col, le mur vers l’Adi arrive.
La fin de la montée, dans le froid et le brouillard, est très raide droit dans la pente.
La descente vers Astakarri puis Sorogain se passe bien.
descente de l'Adi vers Astakarri
Je retrouve un trailer d’Esprit Trail Anjou, Nico, que j’avais souvent cotoyé dans la 2ème étape. On sera
ensemble jusqu’à l’arrivée ! On suit un ruisseau que l’on va enjamber une dizaine de fois (avec plusieurs fois les pieds dans l’eau !) avant le ravitaillement où on recharge en eau. La
montée vers le sommet du Lindus se fait à bon rythme, toujours dans le brouillard. J’ai un mauvais passage ensuite et je serre les dents dans le sillage des 2 équipes et de Ramuntcho devant
moi.
Je suis en queue de groupe et serre les dents en attendant des moments meilleurs.
Beaucoup de monde attend les coureurs au Col du Lindus accessible par une petite route. L’ambiance est
excellente.
On attaque ensuite une longue traversée vers le col de Méhatché d’abord sur une piste en terre sous les hêtres puis
sur un sentier juste sous la crête. C’est splendide. on va à bon rythme et on rejoint peu à peu des équipes.
magnifique sentier qui suit la ligne de crête
A Méhatché, on descend vers Urtaiko et c’est toujours aussi raide et brûlant pour les cuisses. On court sans
problème pour remonter la piste sur 3km. On se souvient avec Ramun que cet endroit avait été une vraie galère pour lui ! Après le col d’Ehunzarroi, le ciel noircit un peu mais cela va
encore. C’est après Adarza que l’on entend les premiers grondements. Peu à peu, la pluie fait son apparition, de plus en plus forte.
Au niveau du Col d’Urdanzia, les quelques spectateurs s’abritent comme ils peuvent. Le ravito d’Urdanzia est noyé
sous les trombes d’eau. Puis les éclairs fusent autour de nous. Notre petit groupe s’arrête. On ne sait pas quoi faire. Ceux qui ont des bâtons veulent les laisser en route. D’autres comme moi
hésitent à continuer. Je n’ai pas envie de finir foudroyé juste pour aller au bout d’un trail. Finalement, tout le monde repart, dans sa bulle, en espérant que le prochain éclair ne s’abatte pas
sur nous. Juste avant le Munhoa, le contrôleur nous bippe comme il peut depuis son véhicule en essayant de pas trop mouiller les appareils.
Ramun descend prudemment, son genou est douloureux. Les deux jeunes de Baztandarrak, Baptiste et Mathieu
s’échappent. on ne les reverra qu’à l’arrivée. On avait 2mn d’avance sur eux hier. Ils finiront juste devant nous au général. Le retour sur Baîgorri se fait à bon rythme, les passages sur route
alternent avec des passages très « jungle » sur la fin.
Enfin, c’est l’arrivée après 6h40 de course …et sans aucune crampe !
Au classement général, on est 13ème, ce qui nous satisfait bien. Nous avons formé une bonne équipe
homogène. On aura vécu tous les deux 2 belles journées dont on se souviendra.
On passe un bon moment au comptoir entre xiberotarrak à refaire nos courses !
Un immense bravo aux organisateurs pour cette épreuve magnifique, à tous les bénévoles.
L’ambiance était excellente tout au long des 2 jours. Malgré le temps médiocre, le paysage était splendide, varié
entre belles forêts et très nombreux passages de cols en sommets.
Et puis, ce repas du vendredi soir est pantagruélique !
Epreuve à faire et refaire ! C’est unique et magique !
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